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À BAS LA DÉMOCRATIE

 

Un plaidoyer pour tous les cas

par Edmund Schönenberger

 

Traduit de l'allemand par J.C. Simonin

 

 

Wissiflue 1986

 

Pour: Natascha, Dana, Nana, Kaja

 

Préambule

 

 

Journellement, j'ai affaire avec les tribunaux, ou souffle le vent de la Liberté, de la Démocratie et du Droit. Mais je ne vois pas la Démocratie, n'entends pas la Liberté, je suis avocat et ne crois pas en le Droit.

 

Comment peut-on supporter cela?

 

Par un plaidoyer standard. Cela m'épargne une dispute avec les juges au sujet de savoir si la critique contenue dans mes plaidoyers est relevante ou non. Et ainsi, je fournis ce discours et délivre à l'ombre de son effet destructeur mes clients des intrigues de l'autorité.

Et si la Justice se retourne contre moi - voici mon plaidoyer standard.

 

Le peuple est-il au pouvoir?

 

La tromperie la plus réussie de l'histoire de l'humanité consiste en nous faire croire que les pays occidentaux sont régis par la volonté du Peuple. Dans le style d'une réclame coca-cola, on nous répète tous les jours et sur tous les tons: "Liberté, Démocratie et État de Droit" Il est vraiment temps de faire cesser cette farce.

Considérons le pays qui se targue d'être l'une des plus vieilles démocraties du monde, la Suisse. On voit un pays qui se ratatine et des localités surpeuplées. Cinq habitants sur cent travaillent encore la terre, le reste passe sa vie dans des villes ou agglomérations.

 

Le peuple a-t-il voulu ce développement?

 

Non!

 

Au coeur de la Suisse se trouve Zurich. Faisons une promenade à travers cette ville mondaine. Que voyons-nous?

 

Une fabrique après l'autre, un atelier après l'autre, un bâtiment de bureaux après l'autre, un centre d'achat après l'autre, un tempe de la consommation après l'autre, un bloc locatif après l'autre. Les gens s'affairent 24 heures par jour. Á l'heure des repas, c'est une avalanche humaine qui se déverse  dans les rues, Du dodo au boulot et à l'industrie des loisirs, puis retour au dodo. De temps à autre, on s'achète une vacance, histoire d'occuper un bout de plage ou territoire équivalent.

 

Ce bon peuple est-il maître de son quotidien?

 

Non!

 

Je me représente Zurich il y a plus de cent ans: Là où la Limmat quitte le lac, se trouvent des deux côtés de la rivière quelques maisons, certaines modestes, d'autres déjà cossues. Depuis le clocher de quelques églises s'égrène le son des cloches. Leur son se répand sur les champs et les marais environnants. Wollishofen au Sud et au Nord, dans la vallée de la Glatt, Seebach sont des hameaux endormis d'où les paysans se déplacent tout au plus les jours de marché  et parcourent alors les quelque dix kilomètres pour apporter en ville les récoltes  de leurs champs.

 

à mis chemin de Seebach se trouve Oerlikon, en ce temps-là non moins agricole et endormi. Aujourd'hui mondialement connu! On y fabrique des canons. Il n'y a plus de paysans. Que s'est-il passé?

 

Un beau jour, un Monsieur déambule dans les prairies d'Oerlikon. Dans sa tête il a un plan qu'il a combiné tout seul. Une consultation populaire n'a jamais eu lieu. Il s'arrange rapidement avec les paysans du coin. Les prairies changent de propriétaire. Le Monsieur embauche des ouvriers, qui fabriquent d'abord des baraquements de chantier, puis une grosse fabrique selon ses directives. Le peuple n'a  décidé ni sur la construction, ni sur ce que sera produit ni en quelle quantité.

 

Une fabrique ne suffit pas. La matière première doit être extraite de quelque part, transportée, afin qu'à la cadence des machines succède le produit fini. Ce produit à son tour arrive par de longs transports dans les canaux de vente  et finalement à ses acheteurs.

 

Le Monsieur a donc déjà produit une mine, plusieurs entreprises de transport, une fabrique, des centres de vente ainsi  évidemment que tout l'appareil administratif nécessaire à la production et la vente à partier des prairies d'Oerlikon et d'ailleurs. Pour les ouvriers, il fait ériger dans les environs des cités-dortoirs, Schwamendingen et Affoltern sont brutalement tirées  de leur torpeur. Et avant encore qu'on le remarque, Wollishofen et Seebach sont bouffées par la ville.

 

Le Monsieur et quelque autres bonshommes ne lâchent pas. Sans la moindre consultation populaire, la Suisse toute entière se transforme en Oerlikon et Schwamendingen. Les eaux usées des fabriques empoisonnent les cours d'eau, les canalisations des quartiers ouvriers débordent, les véhicules produits par les fabricants engorgent les rues. La puanteur et le bruit empestent l'environnement.

 

Et maintenant, il pleut des consulatations populaires:  "Voulez-vous voter un crédit pour l'élargissement de la route reliant Schwamendingen et Oerlikon?" "Êtes-vous d'accord de faire construire une station d'épuration dans la vallée de la Glatt?" "Voulez-vous une usine d'incinération  près du pont de Schwamendingen?" "Êtes-vous en faveur d'un réseau d'autoroutes en Suisse?" "Êtes-vous en faveur de la construction d'un réacteur atomique en vue d'assurer l'approvisionement d'électricité en Suisse?" "Êtes-vous en faveur de mesures visant à la limitation des dommages à l'environnement?"

 

Le règne du Peuple commence.

 

Il règne sur de la merde!

 

Après que le Monsieur et ses complices ont mis sur pieds à eux seuls ce monstre suisse,  cet organisme hautement technique, hautement industrialisé, le peuple est juste bon pour en subir les conséquences.

 

Sans trêve, il a à éventrer le solpour "l'infrastructure" - ainsi s'appelle l'opération - pour les amenées d'eau, pour l'amenée d'énergie, pour les cables de communication, pour les égouts. Il doit construire les routes et les voies ferrées, à rendre possible l'apparition ponctuelle des travailleurs à leurs lieux de travail, d'où partent les marchandises amenées aux consommateurs. N'oublions pas les déchets, qu'il doit amener aux dépotoirs et sur les tas de poisons.

 

L'instruction publique est l'affaire du peuple. Il forme à ses frais les armées de travailleurs, les milliers de postes dont le Monsieur a besoin pour ses entreprises. Il transporte sa correspondance et s'envoie à lui-même les factures, somations et prospectus que le monsieur décide d'envoyer. Si quelqu'un ne veut pas payer, il aura  l'Office des poursuites sur le dos.

 

Le peuple garde la propriété du Monsieur et poursuit sans pitié quiconque pénètre dans ses villas et ses palais en vue de prendre part à ses richesses. Il entretient d'innombrables asiles dans lesquels seront enterrés vivants ceux qui dérange le cours normal des choses et qui n'ont malheureusement pas le don de tenir tête au potentat. Il met à disposition le percepteur,  qui prélève auprès des indigènes les impôts et les dîmes nécessaires à la construction et l'entretien de "l'infrastructure" . Le Monsieur a depuis longtemps déjà choisi de résider dans des oasis fiscales à l'étranger.

 

Il paye les rentes pour les survivants de ceux morts au travail et sur la route. Il prend soin de ceux qui ont été assommés et rendus infirmes.

 

Les entreprises du Monsieur ont détruit les familles. Les vieux sont rejetés. Ainsi, le peuple doit subvenir à leurs besoins. Qui donc supporte les charges du service de santé? Le peuple! Le peuple est compétent pour tout cela ainsi que pour toutes les autres fonctions auxiliaires et annexes.

 

La chose principale, la marche de l'entreprise, qui détermine le rhytme de vie actuel est déterminée par le seul Monsieur, discrètement et à huis clos. Il n'aime pas les regards inquisiteurs. Les compétences du peuple se limitent à attendre ses décisions bravement devant sa porte et à les mettree en pratique de manière précise.

 

C'est avec ardeur que le Monsieur assure le fondement de son pouvoir: L'argent. Après les millions, il est en train d'accumuler les milliards. D'ici peu, ce seront les trillions. Non seulement il détient l'or du passé, non, il a également ajouté à sa fortune le dernier mètre carré de terrain, les richesses naturelles, tous les objets mobiliers et immobiliers et tous les services. Son pouvoir est gigantesque.

 

La stratégie est toujours la même. Un nouveau produit ou un nouveau service sont jetés sur le marché. La publicité en vante les avantages. Les inconvénients sont obstinément tus. Les masses ne peuvent plus résister à la tentation. Comme des fourmis, elles grouillent autour des centres d'achats. alors qu'il y a un demi siècle, quelques douzaines d'articles  alignés sur des étagères suffisaient pour vivre, il faut maintenant des millions d'attrapes, bien emballées et présentées, pour attirer un public  Elles seront achetées, consommées et rejetées comme des déchets. Tel est le sens de la vie actuelle, dicté par le Monsieur.

 

Simple également est la méthode de motiver le peuple à travailler. On lui fait entrevoir le bien-être et une existence agréable et une fois par mois, on lui refile un pourboire. Dans le cours du mois à venir, on le lui reprend jusqu'au dernier rond.  Et ce petit jeu se renouvelle de mois en mois, d'année en année, durant toute une vie. Rien ne documente le degré de "souveraineté" d'un peuple de manière plus impressionnante que la manière simple avec laquelle on réussit à tenir ce "souverain" dans un état de soumission.

 

Le peuple est-il souverain?

 

Bien sûr  que non!

 

Ce n'est pas une démocratie, lorsque quelques rares Messieurs décident entre eux du mode de vie de tout un peuple. Ce n'est pas une démocratie, lorsque le peuple est asservi par ces quelques personnes et lorsque ses compétences se limitent à prendre des décisions sur des sujets accessoires.

 

Je traite de menteur et d'escroc toute personne qui prétend que la Suisse est une démocratie.

 

à bas le système actuel!

 

Mais le peuple

s'est donné à lui-même cette constitution démocratique

 

Il n'est pas simple de mettre en scène une énorme escroquerie et il faut plus qu'une vue d'ensemble pour ne pas en être victime. Mais lorsque l'on a démêlé l'écheveau de mensonges, il n'est guère compliqué de reconnaître la trame du complot.

 

Comment les propagandistes des "démocraties" occidentales ont-ils jeté la poudre aux yeux du peuple et planté tant d'arbres qu'il ne voit plus la forêt?

 

Avec une ruse

 

Ils ont présenté au peuple une Constitution verbeuse, dans laquelle ils ont glissé un cheval de Troie: La liberté du Commerce, de l'Industrie et de la Propriété. Officiellement, c'est là une liberté parmi d'autres libertés - liberté d'expression, de religion, d'assemblée etc... mais par devers eux même, les initiateurs savaient que cette  particulière  liberté finirait par annuler tous les autres éléments d'une constitution par ailleurs démocratique. Car ils - et seulement ils -détenaient déjà le pouvoir (l'argent, les moyens de production, les relations commerciales, etc...) Des pauvres diables - du peuple - ils n'avaient pas de concurrence à craindre.

 

Et leur calcul s'est révélé juste. Avec leur "liberté", ils ont pu faire ce qui leur plaisait et mettre le monde sens dessus-dessous.

 

La souveraineté du peuple suisse éclate comme une bulle de savon.

 

Car par définition, ne peut être souverain que celui ou celle qui contrôle effectivement tous les moyens du pouvoir. Le médium qui dirige le monde et décide de tout est indiscutablement l'argent. Un coup d'oeil dans la Constitution révèle sans détours que ce n'est pas le bon peuple prétendument "souverain" qui possède l'incalculable fortune produite par les intérêts et dîmes accumulés depuis Adam et Ève, non, la disposition sur ces sommes astronomiques demeure expressément réservée à une minuscule troupe de propriétaires.

 

Non seulement dans les faits, mais également du point de vue de la Constitution, la Suisse se présente ainsi comme une dictature des riches, comme une ploutocratie modèle. Un peuple minable de mendiants garde le trône, trompée et asservie par les seigneurs qui se sont emparés du patrimoine commun.

 

"Voulez-vous donner le champ libre à quelques uns qui disposent de tous les moyens, même si leur activité bouleverse votre existence?" Telle aurait été la question correcte que l'on aurait dû poser au peuple.

 

Seul un crétin aurait accepté, ou alors quelqu'un profondément dépendant des privilèges de son seigneur.

 

Mais c'est pourtant une démocratie,

lorsque le peuple a  en tous temps la possibilité

de modifier la Constitution selon ses désirs

 

Il est incontestable que dans les constitutions occidentales, on trouve des quantités de détails comme par exemple ces possibilités de révision. Mais cela aussi, c'est la poudre aux yeux, ce ont les arbres qui cachent la forêt!

 

Elles n'arrivent qu'à cacher  au nigaud l'obstacle qui remet tout en question.

Imaginons une constitution qui prévoit que tout le pouvoir se retrouve entre les mains d'un roi, et qui prévoit qu'elle peut être modifiée à tout moment. Est-ce là une démocratie? Bien sûr que non! Car ici règne et gouverne un roi tout puissant. On a instauré une monarchie absolue.

 

Ainsi que nous l'avons observé, la liberté accordée à une minorité pourvue de tous les pouvoirs produit une ploutocratie. Et elle le reste, avec ou sans révisions constitutionnelles.

 

La monarchie ou la ploutocratie deviennent des démocraties lorsque le peuple priva de leur pouvoir les ploutocrates ou le roi et s'accorda le pouvoir non seulement sur le papier, mais dans les faits. Sinon, on reste cloué à la case départ.

 

La Suisse a déjà la preuve par l'exemple: Il y a quelques années de cela, le peuple a eu l'occasion de se prononcer sur une initiative populaire qui lui aurait donné la chance de participer un tant soit peu aux décisions prises par les entrepreneurs. Le projet a été enterré.

 

Il n'y a pas besoin de se demander pourquoi: Un peuple mis sous tutelle par le biais de manipulation et oppression continuelles ne peut plus récupérer le pouvoir! Il suffit que les Messieurs menacent que le chaos s'installe, si on leur rognait un peu les ailes. Et en fin de compte: Les postes étaient déjà répartis - du PDG à travers les chefs et jusqu'au petit shérif qui a le pouvoir d'humilier le citoyen, de le rosser même, sans avoir à craindre qu'un loup vienne le bouffer.

 

Si les hautes charges - par le biais de la participation - avaient vacillé, les charges subalternes également auraient branlé au manche. Ce n'était pas seulement les Messieurs, mais toute la hiérarchie, qu'il fallait défendre.

 

La Suisse devrait donc présenter l'une des situations les plus claires: Une révision dans le sens d'une plus grande démocratie n'a clairement pas eu lieu. La liberté de commerce,  d'entreprise et de propriété dominent encore présentement. Les ploutocrates ont assuré leur pouvoir!

 

Mais le peuple peut élire au Parlement

ceux et celles qui le représenteront

 

Seul un naïf croit encore cet argument.. Tout comme il est possible d'envoyer un Hitler au pouvoir par le biais d'une élection populaire, on peut catapulter n'importe qui sur un siège du Parlement. Comme l'a dit une fois un de ces bourrins de la publicité (entre temps décédé): "Refilez-moi un million et d'un sac de pommes de terre, je vous fais un Conseiller fédéral."

 

L'argent domine le monde ! Déjà un bambin haut comme trois pommes peut avec une pièce de monnaie diriger la main de la vendeuse vers l'étagère où se trouvent les bonbons. Que ce n'est pas le peuple, mais bien les messieurs qui détiennent l'argent, personne ne le conteste.

 

Rien de plus simple pour eux que de vendre au bon peuple des personnes de confiance, comme l'on vendrait n'importe quel autre produit, et de s'assurer ainsi une majorité confortable. Même les minorités sont les bienvenues; car elles donnent ce vernis de démocratie et ont un effet stabilisateur.

 

à part cela, le Parlement ou même l'État ont une fonction d'auxiliaire.

 

Mais la Constitution prévoit pourtant,

que tous et toutes sans exception ont les

même droits.

Ainsi, chacun a une chance.

C'est ça, la démocratie!

 

Qu'est-ce qu'on se marre!

 

Prenons Monsieur X, qui possède un milliard et Monsieur Y - égal devant la Loi - qui ne possède rien. Les deux veulent faire des affaires. Monsieur X va à la banque et obtient sans coup férir un prêt d'un milliard à 5% d'intérêt. Il rassemble quelques stratèges, qui remarquent une niche commerciale. Ils construisent une fabrique et engrangent les profits, qui rapportent 10% d'intérêt sur la totalité de la somme. Il garde les 10% pour son propre milliard et livre 5% à la banque pour le milliard emprunté. Les 5 derniers pour cent, il les confie à la banque, qui fournira à toute une horde de petits crédits. Le bilan de Monsieur X montre déjà une fortune nette de 1 milliard et 150 millions.

 

Tournons-nous maintenant vers ce bon Monsieur Y. Lui aussi, demande un crédit à la banque. Là où il n'y a rien, on ne donne rien, telle est la réponse laconique. Mais il ne se décourage pas. À force de travail, il est propriétaire d'un million, après bien des années. Monsieur X a pendant ce temps doublé son milliard et remboursé son crédit.

 

Les deux se remettent au travail. Les affaires permet le rendement habituel de 10%. À la fin de l'année, Monsieur X dispose donc de deux milliards et 200 millions. Monsieur Y se traîne avec 1 million et 100'000. Il n'aurait une chance que si il bataillait encore plus agressivement que Monsieur X.

 

Ces différences matérielles incroyables existaient déjà lorsque les Constitutions ont été rédigées. Elles sont un obstacle à la démocratie.

 

Mais voyons, ce n’est que de votre bien que nous recherchons !


Le monde entier est trompé par une pratique financière, par ailleurs imparable, dont l’effronterie dépasse l’entendement.
 
L’argent ne circule pas directement de la FED réserve américaine  (une institution privée comme il se doit) et des banques centrales vers les citoyens et citoyennes, mais il est d’abord prêté – pour un intérêt plutôt symbolique - aux banques les plus grasses, qui le prêtent à leur tour à des ploutocrates d’opérette et autres débiteurs qui tirent la langue, moyennant des taux d’intérêt frisant l’usure. Sans exception, tous les titres de crédit qui circulent représentent des dettes bancaires qui ne cessent de porter intérêt. L’argent qui s’amasse à un taux astronomique dans les livres et coffres forts de ces seigneurs de la finance est immédiatement réutilisé pour accorder de nouveaux crédits, de sorte que les intérêts eux aussi s’accroissent à un taux exponentiel. Pour les payer, on produit toujours plus de camelote et on la refourgue au consommateur avant qu'elle finisse bien vite aux ordures, réduisant ainsi les masses laborieuses à l’esclavage.  Dans ces conditions, chacun en arrive à écrabouiller le maillon suivant de la chaîne jusqu’à épuisement total.

Toute acticité humaine est régentée par ce fric de malheur.
 
Le voilà donc, le cadeau de ces seigneurs à l’humanité: donner à notre existence, en ce bas monde, un sens qui ne pourrait être plus pitoyable.

Qu‘ils crèvent tous en enfer !

 

 

Alors, voulez-vous des conditions comme en Russie?

 

Le dernier atout de Monsieur X! Lorsque je l'entend parler ainsi, je me crois un natif de la Russie. Je suis certain que là-bas, il se serait retrouvé parmi les Messieurs et aurait peint pour le râleur russe le diable capitaliste sur la muraille.

 

Et cela, même pas à tort!

 

Ce qui est mis au pilori chez les Russes se retrouve en Occident bien caché et tu dans les mêmes proportions. Les crimes contre les droits fondamentaux se suivent et se ressemblent.

 

Je rappelle le front des hostilités en temps de paix, là où s'opposent les gardiens de l'ordre et les fauteurs de troubles. Tirer pour tuer, torturer, râclées bestiales sont à l'ordre du jour. Je peux en témoigner personnellement et n'ai pas besoin de référer à feu le professeur de droit pénal Peter Noll, qui comparait la justice pénale zurichoise à la justice militaire et fasciste de la Turquie.

 

Je me souviens des massacres quotidiens dans la rue et sur les places de travail. Chacun qui s'asseoit au volant d'une voiture ( ou qui règle un objet dangereux ) connaît très bien l'imperfection de l'homme et de la machine. Il sait que lui ou d'autres participants au trafic seront imprudents ou qu'un défaut technique pourrait apparaître.  Il sait par exemple que des enfants ou des vieillards traversent la chaussée sans crier gare. Chaque fois qu'il met son véhicule en mouvement, il doit compter avec le pire. Il accepte cela. C'est un dol éventuel, qui peut être transformé en dol tout court. Si une être humain est tué, c'est un homicide intentionnel.

 

Que l'on se représente la catastrophe pour ces  Messieurs les fabricants d'automobiles, si un juge venait à juger avec cette aune  parfaitement correcte! Plus personne ne pourrait  baguenauder en bagnole; car ce serait une tentative d'homicide est donc punissable. Tout ces grasses affaires se dissoudraient en son et en fumée!

 

Les juges - eux même automobilistes - ne reconnaissent donc que l'homicide par négligence. Les victimes peuvent donc continuer à se faire bousiller sur les routes et les Messieurs de la grosse industrie continueront joyeusement à prendre sous contrat des légions de condamnés à mort.

 

Je me souviens des cliniques psychiatriques d'ici. Il y a quelques années de cela, j'ai libéré par une intervention énergique un détenu qui avait été interné des années durant et avait durant tout ce temps été journellement bourré de poisons sournois. Il avait souffert un destin plus cruel que ce Russe célèbre qui végète dans un exil moins inhumain et que la propagande occidentale met en avant afin de ne pas être contrainte de nettoyer la saleté devant sa propre porte.

 

Que personne ne me vienne avec les Russes. Après un an de séjour dans des pays communistes,  je ne voudrais pas être contraint de choisir entre l'Est et l'Ouest.

 

J'ai également - une simple digression - passé neuf mois en Afrique. Il me semblait être tombé de la pluie suisse dans une averse tropicale. Et maintenant de retour, je me retrouve sous une cataracte.

 

À bas l'État de Droit!

 

Dans l'exercice de mon métier d'avocat,  je me retrouve confronté à des clients qui me racontent leurs histoires (la plupart du temps causées par les ploutocrates). Souvent, il s'agit de prendre contact avec l'adversaire du moment (dans un conflit de travail peut être avec un subalterne du patron) en vue d'arriver à un arrangement. Si les négociations échouent, il n'est pas rare que l'affaire finisse devant un juge. Pour un procès pénal - l'une de mes spécialité - la bataille devant une Cour de justice est inévitable, lorsqu'il s'agit d'un délit se poursuivant d'office.

 

Là-bas, on invoque la Loi - une escroquerie non moins évidente que la démocratie!

 

Admettons qu'un cambrioleur se soit introduit dans les appartements de Monsieur X. - nous avons déjà rencontré ce Monsieur. Sa fortune se monte entre temps - compte tenu des intérêts simples et composés, ainsi que des nombreux gains spéculatifs - à deux milliards et demi de francs.

 

Le cambrioleur se sert modestement et ne soustrait que quelque dix milles francs. Mais sa chance ne dure pas: Au cours d'une fête avec des amis, la police l'arrête et il se retrouve derrière les barreaux. Pour recouvrer sa liberté, il avoue immédiatement, me charge ensuite d'assurer sa défense.

 

À la suite d'un invraisemblable cafouillage du juge d'instruction, qui demeurera cachée par la suite, une copie de l'acte d'accusation avec ses annexes se retrouve  dans deux Cours de Justice différentes, dont l'une - la pêche de mon client continue - se compose de trois juges gauchistes, des Poch, et l'autre de trois juges de droite, des UDC.

 

C'est avec quelque étonnement que nous prenons connaissance des deux convocations aux séances, découvrons le pot aux roses et ne réagissons pas.

 

Nous nous retrouvons donc aux deux séances consécutives dans les antichambres et les salles de ces deux tribunaux.  Selon une tactique mise au point à l'avance, nous requérons les deux fois l'acquittement. Le seul moyen de preuve consiste en l'aveu de mon client, qu'il rétracte chaque fois dans les mêmes termes. Le jugement sera communiqué par écrit, nous est-il signifié.

 

Nous nous retirons avec une satisfaction amusée. Car déjà nous savons ce qui va se passer. Les juges gauchistes tiennent évidemment  Monsieur X, dont ils combattent avec véhémence les méthodes commerciales, pour le plus grand des escrocs et témoignent toute leur sympathie pour mon client. Pour les juge UDC par contre, ce dernier seul est un malfaiteur et Monsieur X un citoyen honorable.

 

Les jugements tombent en conséquence: Les gauchistes acquittent, la rétractation est crédible. Les droitistes jugent coupable, la rétractation n'a aucune valeur.

 

Nul n'est besoin d'avoir lu Tucholsky et ses additions de condamnations à mort prononcées par des juges allemands de droite ou de gauche pour savoir que - le cafouillage mis à part - mes élucubrations sont parfaitement réalistes.

 

La preuve est fournie par chaque affaire jugée - sur la base des mêmes faits exactement - par une instance subalterne et supérieure et qui aboutit à es jugements différents. De tels cas grouillent littéralement.

 

Ces cas révèlent l'escroquerie au grand jour. Tant les juges gauchistes que les juges de la droite que les juges d'une instance subalterne et d'une instance supérieure sont soumis exactement aux mêmes lois. Il est donc logique qu'ils arrivent exactement au même résultat lorsqu'ils sont confrontés exactement aux mêmes faits.

 

Même topo, même loi, jugements différents.......? La clé de l'énigme  est évidente: Les juges sont différents!

 

Dans aucun jugement, il n'est question de droit, ce sont simplement les opinions - arbitraires - des juges qui s'expriment. Et plus leurs convictions morales et leur vue du monde diffèrent, plus leurs jugements sont différents.

 

En vue d'éviter cela, on organise dans l'univers judiciaire des procédures de sélection rigides destinées à tenir les moutons ensemble. Des exemples tels que celui fourni par ce juge allemand (je te salue!) qui prononçait systématiquement la peine minimale, jusqu'à ce qu'il fût limogé, ne font pas école.

 

Mais si l'on égratigne la surface du Droit, on retrouve immanquablement le Pouvoir. Il dispose non seulement de la Justice, mais également des deux autres Pouvoirs dans les ploutocraties de styles occidental. Chacun est familier avec les disputes au Parlement. Les gauchistes et consorts veulent ceci, les UDC et compagnie veulent cela. Et comme les Messieurs se sont assurés de la majorité, ils l'emportent régulièrement. Cela n'a rien à voir avec le Droit, et tout avec le Pouvoir.

 

À bas aussi l'État de Droit!

 

Si l'on cherche par le moyen d'une formule brève à définir les rapports entre le peuple et l'État,  disons que le peuple nettoie la merde des Messieurs, l'État organise le nettoyage et organise le peuple.

 

Le Droit pour les riches

Le Devoir pour les naïfs

 

Ce Monsieur X est entré dans nos coeurs au point que nous voulons l'inviter à nous accompagner. Nous avons déjà fait connaissance avec sa fortune. Juste entre nous: Cette année, son pactole a augmenté de 250 millions. Il semble que quelqu'un lui doit pas mal d'argent. Nous en reparlerons.

 

Monsieur X a confié la conduite de son empire à cinq conseillers d'administration futés et carriéristes, et la présidence à un excellent, dynamique vieux renard versé dans la diplomatie. Cette équipe superlative mène l'affaire avec une telle maestria qu'il n'a plus guère qu'à faire acte de présence à l'assemblée annuelle ordinaire et à veiller que le quart de milliard rapplique effectivement.

 

Et il rapplique.

 

Il est donc libre de tout son temps. Il demeure dans une villa somptueuse, presque un palais, entreprend des voyages tout autour du monde et sait vivre - un véritable bon vivant ! Lorsqu'il doit payer quelque chose, il tire son revolver - pardon, son carnet de chèque. Les chèques sont évidemment couverts.

 

Peu à peu, on en a un peu marre de Monsieur X..  Tournons-nous donc vers un citoyen lambda. Et appelons-le poliment Monsieur Z.

 

Monsieur Z, Z pour les amis, habite une cité ouvrière à Schwamendingen et travaille à Oerlikon. L'appartement de Monsieur Z est dotée de tout le confort. Dernièrement, la vieille cuisine et la salle de bain ont été démolies et refaites selon les  normes les plus modernes. La dernière fois qu'il a rencontré le facteur, il se réjouissait de recevoir une lettre d'amour. Malheureusement, c'était seulement l'augmentation du loyer.

 

Dans le salon relativement petit, il a manoeuvré un dressoir imposant, ainsi qu'un sofa rembourré et des fauteuils. On y trouve une télé, bien sûr, et à côté ça brille fantastiquement. Je ne m'y connais pas réellement, mais cela doit être un studio d'enregistrement. C'est sans arrêt que ça clignote et siffle, que les lampes de toutes les couleurs scintillent. Par respect pour la sphère privée, je n'irai pas jeter un coup d'oeil dans la chambre à coucher, mais elle doit être bien. À défaut de cela, nous inspectons les pièces communes, partagées avec les autres encasernés: La cage d'escalier et la buanderie. Là, c'est moins bien.

 

Monsieur Z ne faisait pas partie du comité de planification.

 

Étant donné que les autres investissements immobiliers de la cité ne diffèrent en rien du bloc où il loge, il le prend du bon côté. "Eh oui, l'égalité a du bon", marmonne-t-il parfois.

 

Au bord de la route il retrouve son auto, qu'il soigne avec amour tous les samedis. Inutile d'ajouter qu'il l'a acquis, ainsi que tout le mobilier déjà mentionné, totalement à crédit.

 

Tôt le matin - la plupart du temps, il est encore au pays des rêves - les premières publicités braillent déjà des haut parleurs en même temps que les bavardages joyeux. "Bon, on y va", pense-t-il. Sans plus de cérémonie, il attrape son bus et arrive à Oerlikon juste à temps pour pointer à l'horloge.

 

Monsieur Z bosse sur une chaîne de montage. Comme la machine marche déjà, il n'a pas besoin de se chauffer les muscles. Il est tout de suite dans le coup. Il y a de la poussière et du bruit. Mais il en a l'habitude. Cantine, signal, horloge pour pointer, bus - retour à la caserne. Il fait un petit détour et passe par la poste pour faire ses payements. Son salaire ne suffit pas tout à fait. "Espérons que la gratte de Noël sera bonne", pense-t-il. Que la poste dirige son blé sur Monsieur X, qui lui en est déjà à son troisième milliard, il ne le remarque évidemment pas.

 

Comme il est déprimé, il saute dans sa bagnole et va faire un tour au centre d'achats de Glatt. Il baguenaude de droite et de gauche, et plutôt que d'acheter - comme il en avait l'intention - une nouvelle bande vidéo, il signe un contrat d'achat à tempérament pour un PC. C'est fou ce que l'on peut faire avec ça, lui assure le vendeur. Toutes ses tentatives de faire quelque chose d'intelligent avec le machin en question, une fois rentré à la maison, demeurent sans succès. Il range l'affaire dans son étagère, en s'efforçant - en application du règlement de la maison - de faire un minimum de bruit pour ne pas déranger les voisins derrière les parois minces.  Tout le reste de la soirée, il reste avachi comme un sac de patates devant la télé.  Et c'est comme ça le jour suivant et durant 49 semaines par an, tous les ans. On a déjà discuté les trois dernières semaines.

 

En Suisse, il y a quelques milliers de X et quelques millions de Z.  Les X symbolisent des sommes astronomiques, qui doivent être rentables chaque année. Et c'est le boulot des Z, que de jeter aux X les milliards en question.

 

C'est de la connerie!

 

Cela n'a rien, vraiment rien à voir avec Liberté, Démocratie et État de Droit

 

À bas tout cela!!!

 

Que faire?

 

L'on doit réfléchir intensément pour comprendre pourquoi nos richards ont besoin de cette mascarade démocratique. L'Histoire nous enseigne que la domination ne fait jamais qu'osciller entre tyrannie et oligarchie. Au bon peuple incombe tout au plus le soin de détrôner l'un pour mettre l'autre sur le pavois avant de le chasser une fois de plus.

 

C'est de cela que les régents actuels ont peur. C'est pourquoi ils se dissimulent derrière la fable qu'ils ne sont pas les maîtres.

 

En fait, il sont bêtes à manger du foin. Ils n'auraient pas besoin de ce jeu de cache-cache.

 

La démocratie est une chose impossible. Elle n'a jamais existé et n'existera jamais. On réussirait bien plutôt de supprimer tous les mâles d'un troupeau de cerfs.

 

L'être humain est demeuré le même depuis la nuit des temps. Son cerveau ne s'est pas développé. C'est avec la même rage qu'il décide de partir en guerre, lorsqu'elle est refroidie, il y a la paix. Et même si la pyramide se retourne de temps à autre avec fracas: Une pointe demeure toujours encore dessus!

 

Que la Suisse soit l'une des plus ancienne démocraties est une fable. Déjà lors de la fondation, il y avait les affranchis et les serfs, les Stauffacher et les Reding avaient leurs valets. Les Confédérés ont envoyés leurs baillis dans toutes les directions, les villes ont opprimés la campagne. Durant sept ans, j'ai observé une landsgemeinde. Ce ne sont pas des démocrates qui sont élus là-bas, ce sont des roitelets locaux, notabene pour des fonctions accessoires. Même dans les Cantons primitifs, ce sont les Messieurs X qui dictent leurs volontés depuis les coulisses.

 

Les ploutocrates n'auraient besoin que d'inculquer au bon peuple ces tenants et aboutissants, et il leur mangerait fidèlement dans la main. Du coup, plus rien ne les empêcherait de proclamer leur ploutocratie. Franchement, un roi qui proclame que: "l'État, c'est moi !" me paraît moins répugnant que les Messieurs en question qui leurrent le peuple: "Le pouvoir suprême, c'est vous !" La lâcheté qui transpire n'a rien de grand.

 

Si l'on recherche pourquoi la guerre et la paix alternent dans l'histoire de l'humanité, toujours on trouve des débordements. Les souverains modérés n'ont jamais eu à craindre quoi que ce soit.

 

Il est présentement clair que nous nous dirigeons tout droit sur la prochaine catastrophe. Le débordement qui nous frappe en ce moment est la stupidité du peuple, qui refile le fric dans le cul des ploutocrates et la témérité des ploutocrates qui investissent toujours ce fric dans de nouvelles entreprises. La spirale tourne. Le tribut du peuple s'accroît vertigineusement. Une petite étincelle - et déjà une nouvelle période s'effondre. Un espoir que les insensés retrouvent leurs sens n'existe toujours pas.

 

Que reste-t-il pour quelqu'un qui n'est le maître de personne, le domestique de personne, qui est son propre maître, qui n'appartient ni aux ploutocrates ni au peuple? Regarder commet se développe le spectacle? foutre le camp? grimper sur les barricades? se terrer? Attendre les balles et les bombes?

 

Rester son propre maître!

 

Si on survit, on saura si c'était un bon conseil.

 

 

 

 

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